Rencontre avec ...

Michel Joncheray
Passeur d'histoires et gardien du patrimoine
Éternel curieux, passionné d’histoire et de patrimoine, Michel Joncheray s’intéresse depuis toujours à la vie locale ainsi qu’à la mémoire des lieux et celle des Hommes. Pour lui, comprendre d’où l’on vient et en garder trace pour transmettre aux générations futures est essentiel. C’est une mission qui l’anime chaque jour. Installé au Pin-en-Mauges depuis près de 50 ans, aujourd’hui retraité, Michel est un passeur d’histoires qui aime partager. Jamais rassasié, c’est un citoyen engagé au service de son territoire et de ses habitants.
LE MAG | D’où vous est venue cette passion pour l’histoire locale ?
MICHEL JONCHERAY | Lorsque je suis arrivé au Pin-en-Mauges en 1978 pour le travail, un personnage, qui trône au centre du bourg, a tout de suite éveillé ma curiosité. Cette statue de Cathelineau, avec sa croix dans une main et l’épée dans l’autre, m’a interpellé. Je viens du nord du département, car je suis né dans le Segréen, et je ne connaissais absolument pas l’histoire locale
et l’existence de cet illustre général. Cette rencontre a été la porte d’entrée d’une découverte plus approfondie des Guerres de Vendée. J’ai commencé à effectuer des recherches, à échanger avec le curé du Pin-en-Mauges, qui à l’époque était la mémoire vivante de la commune. J’ai découvert les vitraux de l’église, le musée qui siège dans l’ancien presbytère, et qui racontent son histoire : celle d’un fils de roturier qui prend les armes et rassemble les gens du village. Proclamé premier généralissime, Jacques
Cathelineau fut surnommé le Saint d’Anjou.
LE MAG | Aujourd’hui, votre curiosité dépasse largement l’époque des Guerres de Vendée ?
MJ | Effectivement, si les Guerres de Vendée tiennent une place importante dans l’histoire locale, je m’intéresse plus largement à tout ce qui constitue notre patrimoine, qu’il soit historique, naturel ou même génétique. Le patrimoine vient de nos pères. J’ai longtemps travaillé dans le secteur de la santé auprès des personnes âgées. J’ai un profond respect pour nos aînés. Ils sont notre mémoire. J’aime échanger avec eux, écouter leurs histoires, prendre des notes et collecter toute cette information précieuse. Elle permet de mieux comprendre notre héritage à travers les âges.
LE MAG | Quelles actions menez-vous pour valoriser l’histoire de la commune ?
MJ | Nous sommes tout un groupe à nous intéresser à l’histoire locale. Depuis 1993, l’association patrimoine et culture (Apec), créée à l’occasion du bicentenaire de la mort de Cathelineau avec la mise en place d’une nouvelle statue de bronze, œuvre au service de la valorisation de notre patrimoine. Livres, expositions, témoignages, interviews sonores, récits photos, évènements temporaires…, nous déployons différentes actions. De nombreux pans de notre histoire sont ainsi explorés. Par exemple, nous nous sommes intéressés à celle de la chaussure, au monde paysan, aux jeunes du Pin-en-Mauges partis durant la première guerre
mondiale ou pour le Service du Travail Obligatoire (STO) lors de la seconde, ou plus récemment aux anciens combattants l’Algérie. Pour le passage en commune nouvelle en décembre 2015, nous avons fixé ce moment important en réalisant un panorama exhaustif de notre commune historique. Notre but ? Que rien ne tombe dans l’oubli !
LE MAG | Pourquoi ce territoire a-t-il tant de choses à raconter ?
MJ | Parce qu’il suffit de tendre l’oreille pour découvrir des trésors ! Nos aînés ont tant à raconter. L’histoire a façonné notre commune, notre patrimoine et nos modes de vie. Chaque été, nous invitons d’ailleurs tous ceux qui le souhaitent à participer à des balades historiques et gourmandes. Elles permettent aux habitants de redécouvrir leur territoire autrement.
LE MAG | Pour conclure, quels sont vos 3 endroits préférés où vous aimez vous balader dans les Mauges ?
MJ | Nous disposons d’un joli patrimoine naturel. J’aime me balader dans la campagne des Mauges marquée par l’Èvre, ses coteaux et les nombreux chemins creux. D’ailleurs, ces étroits sentiers, typiques de notre bocage, se sont révélés stratégiques
durant les Guerres de Vendée. J’ai également un faible pour le cirque de Courossé. Ce site magnifique nous en dit beaucoup sur notre histoire ancienne, mais aussi sur notre tissu rural que l’on contemple depuis la somptueuse vue panoramique. Enfin, pour revenir au Pin-en-Mauges, sur le sentier de randonnée du Petit Anjou, l’ancienne voie ferrée transformée aujourd’hui en coulée verte, est un lieu de promenade paisible et plein de charme.